Journal d’une apprentie céramiste- partie 3

 

Voici les 18 étudiants qui forment la promotion 2018 de l’école de céramique Bonsecours. Nous sommes séparés en deux groupes. Nos âges sont très variés allant de la vingtaine à plus de 60 ans. Il y a seulement 3 garçons. Je suis au centre avec le chandail rayé.

Un mois d’école terminé comme étudiante en céramique. Je suis devenue accro à Instagram. Je me lève le matin et je me couche le soir en regardant des vidéos et des photos de poterie. Je découvre une communauté immense et des possibilités infinies de création. La tête me tourne.

Me voici aussi confrontée aux premiers résultats: des petits pots pincés dans le cours de façonnage, un cube dans le cours de moulage, des cylindres dans le cours de tournage et quelques décoration à  l’engobe dans le cours de technologie des glaçures. Ce que je craignais arrive: mon perfectionnisme et mon insatisfaction me tirent la manche. Je me souviens du premier article écrit ici et de mes résolutions (cliquez ici pour lire mon premier article): ne pas m’attacher aux résultats, cultiver ma patience… Lorsque je sens l’impatience me serrer la poitrine, je me répète ces deux conseils comme des mantras. L’exemple de mes professeurs m’aide aussi beaucoup. Ainsi, je suis souvent pleine de gratitude devant ces personnes qui transmettent leur savoir avec tellement de patience et de précision. Je les vois passer devant le travail de chacune répétant avec douceur les gestes, les informations et les mêmes conseils.  Même s’ils exigent le meilleur de nous, ils sont aussi tellement compréhensifs devant nos débuts. J’entends les exigences, mais aussi les mots d’encouragements. Leur patience me donne envie de cultiver la mienne. Je me doutais que cet apprentissage allait me demander de grandir, j’ai l’impression d’apprendre à méditer.

Dans le cours de façonnage, Marie-Hélène Robillard (à droite) montre à Estelle comment faire la finition des petits pots pincés.

Cours de moulage, Estelle et Lou réalisent leur premier moule de pressage.

À peine arrivées le matin, Sophie, Marie-Louise et Anne-Laure se mettent au travail pour pétrir la porcelaine pour le cours de tournage.

Cours de tournage et premiers apprentissages du tournassage (faire un pied à un pot). Les boute-en-train du groupe: Tremour, Lou et Estelle.

Carla, fraichement débarquée de France pour étudier avec nous, a adopté la chemise d’hôpital comme tablier. C’est qu’on appelle le sens de la réutilisation.

 

Décoration à l’engobe sur des carreaux en faïence cru. Il manque encore la cuisson et la glaçure. On a très hâte de voir les résultats ! Mes tests sont au bas de la photo. Oui, j’aime le vert !

Le groupe commence à se souder. Les individualités ressortent, nous apprenons à nous connaître, les différences d’âges s’estompent pour laisser place à la bonne humeur générale. Et si tous nos repas du midis se prennent en groupe, nous avons fait une première sortie en dehors des horaires scolaires. L’enthousiasme était au rendez-vous et certaines ont d’ailleurs plus exagéré que d’autres. Difficile de croire qu’il y un mois nous étions tous des étrangères les unes pour les autres.

 

 

 

Un commentaire

  1. La patience ! L’art de la céramique en nécessite beaucoup ! Pour moi aussi, c’est un défi de chaque jour 😉

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