Les secrets du décor de Pet Sematary

Pour les fans d’horreur et des histoires de Stephen King, voici une incursion inédite dans Le film Cimetière Vivant (Pet Sematary). Le film qui dépasse déjà les records de prévision au box-office a entièrement été fait à Montréal par une équipe de Québécois ! 

Bande-annonce : 

https://www.youtube.com/watch?v=30BIAM8pyt

L’été dernier, l’arrivée de ce projet a fait la joie de toute une équipe de gens passionnés. J’ai eu le privilège de participer à l’élaboration de cette nouvelle version du film qui avait marqué mon enfance et traumatisé mes amies.

Beaucoup de films sont créés ici, au Québec, mais on le mentionne quand même assez rarement. J’ai donc envie de vous faire découvrir l’ampleur du talent des artisans de cette industrie.

Sous la conception de Todd Cherniawsky, c’est Félix Larivière-Charron qui a assuré la direction artistique de ce projet, notamment dans la conception d’une partie de la forêt ambitieusement construite en studio avec les falaises et un marécage.  

Donner l’ambiance et la texture des décors en fonction des personnages a relevé du département de la décoration orchestré par la talentueuse Ann Victoria Smart. C’est elle qui a choisi la direction de chaque décor et à bâti une équipe fabuleuse pour mener à bien ce projet.  Elle a notamment eu le génie de confier à Jennifer Small la conception du fameux cimetière d’animaux. Jennifer, qui se spécialise dans l’art du détail, possède un atelier incroyable rempli de trouvailles. Il faut voir les détails qu’elle imagine et comment ses doigts de fée donnent vie à des pièces, comme si le temps avait réellement passé. 

En plein milieu du projet, Jennifer est arrivée un matin avec le croquis de la croix principale. Une nuit, elle s’était réveillée et à la lumière de la pleine lune elle avait eu cette idée : y accrocher les colliers d’animaux. C’est devenu un symbole important du film.

Le décor (par Vincent Aird) de la maison du personnage de Jud, un voisin au passé tragique, reflète la solitude d’un homme laissé a lui même.

C’est vraiment de la ruelle au salon que nous ramassons certains éléments d’un tel décor. Sur la route ou dans des bazars de région, nous ramassons parfois des morceaux. Chaque film me donne l’impression d’une enquête approfondie sur chaque personnage. Le temps de la production, l’esprit du film nous pénètre tellement que la recherche devient une quête presque ésotérique. Comme si nous étions à la recherche des objets perdus par ces personnages.

Pour la maison principale et les chambres des enfants, certaines de mes trouvailles principales provenaient de mes boutiques préférées, La Boutique Aux Mirabelles à Saint-Charles-sur-le-Richelieu et Cœur d’Artichaut sur la rue Laurier.

Mais mon coup de cœur du projet fut ce magnifique tissu trouvé pour deux fois rien sur Kijiji, avec lequel j’ai fabriqué le couvre-lit. De-là nous avons créé la chambre d’Ellie, avec une contrainte de couleur ; le concepteur artistique tenait au violet pour représenter la mort dans la chambre de la jeune fille, et le bleu, couleur de l’espoir, pour la chambre du petit garçon.

Ayant toujours rêvé de faire des décors de film d’horreur, je me suis inspirée des classiques de mon enfance, comme Abracadabra,  pour illustrer les scènes les plus typiques. Comme pour cette maison de Nouvelle-Angleterre au décor d’Halloween traditionnel.

Mais un film d’horreur n’est rien sans sa maison lugubre qui vous fera faire des cauchemars! C’est dans une maison imposante de la ville de Hudson, que nous avons tourné les scènes de la maison d’enfance, lourde d’un passé traumatique. Le décor sombre dans une maison très traditionnelle décorée aux couleurs et textures des années 80.

Tous les jours je faisais l’allez-retour vers Hudson en prenant le traversier d’Oka. C’est en m’arrêtant un matin pour un café que j’ai découvert les oeuvres de Maxime Lacourse, un artiste de la région. C’était complètement l’univers qu’il me fallait pour imbiber la maison d’une ambiance étrange.

Si cela pique votre curiosité, je vous souhaite un bon cinéma et n’oubliez pas de rester jusqu’à la fin pour honorer tout les artisans québécois de ce film “américain”. 

Pour les salles et horaires du film cliquez  ici.

Léa-Valérie est scénographe et décoratrice pour le cinéma.

Passionnée des moindres détails et assidue à la recherche de styles et d’époques, elle prête son œil à l’exercice de découvrir des trouvailles sous une forme thématique.

Pour la joindre artdepartment.mtl@gmail.com et sur Instagram @artdepartment_mtl

Un commentaire

  1. Martine Rheault

    Merci pour ce reportage fascinant. On sent la passion du métier. Bravo! Que d’accomplissements et de talents.

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